Tous pris pour des crétins devant Arte

Same­di 11 novembre, Arte a dif­fu­sé le docu­men­taire « Demain, tous cré­tins ? » et qui est en ligne sur le site de la chaîne.

Ce docu­men­taire met en scène un sujet impor­tant, les effets des per­tur­ba­teurs endo­cri­niens sur la thy­roïde et le déve­lop­pe­ment du cer­veau. Mais, à trop vou­loir mettre en scène, Thier­ry de Les­trade et Syl­vie Gil­man, nous prennent… pour des cré­tins.

Au lieu d’aborder le sujet sérieu­se­ment et de façon pré­cise, le docu­men­taire choi­sit un par­ti-pris alar­miste et fait des rac­cour­cis scien­ti­fiques bien trop rapides. Mélan­geant sup­po­sée baisse du QI, aug­men­ta­tion de la détec­tion des syn­dromes autis­tiques et effets des per­tur­ba­teurs sur la thy­roïde et le déve­lop­pe­ment du cer­veau, le docu­men­taire veut nous faire com­prendre que le lob­by de l’industrie chi­mique nous vend des pro­duits qui peuvent être dan­ge­reux pour notre san­té. Certes, il faut l’expliquer. Mais est-ce une rai­son pour prendre les télé­spec­ta­teurs pour des demeu­rés ?

Un titre crétin

Dès le titre, « Demain, tous cré­tins ? » , le docu sous-entend qu’une grande majo­ri­té de la popu­la­tion risque d’être tou­chée par le cré­ti­nisme. Ce titre joue d’ailleurs sur le lien entre une mala­die, le cré­ti­nisme, due à une insuf­fi­sance thy­roï­dienne entraî­nant notam­ment des retards men­taux et le terme « cré­tin » qui désigne, de façon mépri­sante, quelqu’un d’inintelligent. Alors, oui, on le ver­ra plus tard, le docu­men­taire a un lien avec la mala­die mais l’utilisation du terme « cré­tin » est très mal­ve­nue.

Une introduction sensationnaliste

Venons-en à l’introduction. Et je ne sais pas si je vien­drai à bout de cette cri­tique tel­le­ment il y a de choses à dire sur les 6 pre­mières minutes.

Dès, le départ, la voix off nous explique que le « futur de l’humanité » (je n’exagère pas) dépen­dra de la façon dont les femmes gére­ront leur gros­sesse en pro­té­geant, contrai­re­ment au pla­cen­ta, le cer­veau de leur enfant. Atten­tion, femmes enceintes, vous avez l’avenir de l’humanité dans votre ventre. On ne vous l’a pas suf­fi­sam­ment dit, il fal­lait que ça soit répé­té ici.

Puis, on passe, sans tran­si­tion, à la ques­tion de ce que serait « l’histoire de l’humanité sans ses génies, ses mathé­ma­ti­ciens, ses artistes, ses explo­ra­teurs ou ses phi­lo­sophes » (Mozart, Marie Curie, Ein­stein, Al-Khwâ­riz­mî, Luther King, etc). Le docu­men­taire, sug­gère de façon assez bru­tale, que si les femmes enceintes ne prennent pas en compte ce qu’on va leur dire pen­dant les 50 pro­chaines minutes, l’intelligence humaine ne sera plus. Tout sim­ple­ment.

Cette séquence se finit sur cette sen­tence :

« Devant ces menaces, cer­tains pré­disent une évo­lu­tion à l’envers ».

Il y aurait tel­le­ment à dire sur cette phrase. Déjà « ces menaces »  ne sont pas clai­re­ment défi­nies avant la pro­non­cia­tion de cette phrase.

Ensuite, l’utilisation du terme « cer­tains » est plus que flou, on ne sait pas qui pro­nonce cette pré­dic­tion.

Enfin, l’expression « une évo­lu­tion à l’envers ». Son uti­li­sa­tion montre une maî­trise plus que dou­teuse du concept de l’évolution. En bio­lo­gie, le concept d’évolution ne com­prend pas, intrin­sè­que­ment un pro­grès. Il ne peut donc pas y avoir « d’évolution à l’envers ».

La séquence d’après part car­ré­ment dans la com­pa­rai­son avec la fic­tion, et pas des moindres, puisqu’elle reprend un extrait de la comé­die de science-fic­tion sati­rique Idio­cra­cy.

L’extrait est com­men­té par la voix off :

« Un monde où l’humanité aurait bas­cu­lé dans la stu­pi­di­té, comme le décrit avec cruau­té le film Idio­cra­cy. Ce futur peut-il être notre futur ?»

On sort clai­re­ment du registre bur­lesque et com­plè­te­ment fic­tion­nel du film. Non, ici, le futur d’Idio­cra­cy est pris au sérieux. On ne peut que s’accrocher à son fau­teuil : on nous pro­met un cau­che­mar. Et ce n’était que les 90 pre­mières secondes du docu­men­taire.

La fameuse baisse du QI

Pour appuyer sa thèse d’un dan­ger immi­nent pour l’humanité, il faut mon­trer que quelque chose d’alarmant est déjà en train de se pas­ser à grande échelle. L’intelligence et sa mesure étant un fan­tasme tel­le­ment bien ancré en occi­dent depuis le début du XXe siècle que l’éventuelle baisse du QI rem­pli­ra faci­le­ment cette tâche.

Mais jus­te­ment, un anthro­po­logue, Edward Dut­ton, a publié plu­sieurs articles sur une poten­tielle baisse du QI géné­ral mais je doute for­te­ment de ses conclu­sions.

Si vous vou­lez en savoir plus, j’ai publié en paral­lèle un billet ana­ly­sant cette étude de façon plus pré­cise.

Mais baser toute la peur du docu­men­taire sur la baisse du QI géné­rale me paraît bien alar­miste. Et pour­tant Dut­ton, dans le docu­men­taire l’affirme, en fai­sant tom­ber une pyra­mide de Kapla de façon dra­ma­tique :

« Nous deve­nons de plus en plus stu­pide. […] Ça ne va pas s’arrêter. Si nous ne fai­sons rien, la civi­li­sa­tion qui repose sur l’intelligence ira en sens inverse. Et tout laisse pen­ser que c’est déjà en train d’arriver. »

Trem­blons !

Mozart et Bach à la rescousse

Le docu­men­taire essaye ensuite de faire le lien entre cette sup­po­sée baisse du QI et les études sur les effets des per­tur­ba­teurs endo­cri­niens sur la thy­roïde et le déve­lop­pe­ment du cer­veau.

Les docu­men­ta­ristes n’en ont trou­vé qu’un :

Bar­ba­ra Deme­neix, une des cher­cheuses sur les effets des per­tur­ba­teurs endo­cri­niens sur la thy­roide. elle se demande si on rever­ra, un jour, un autre Bach, un autre Mozart.

Bar­ba­ra Deme­neix, un vio­lon à la main, mon­trant son intel­li­gence

J’avoue ne pas voir le lien entre une baisse du QI entre 1997 et 2009 et l’impossibilité de voir sur­gir de nou­veaux « génies » de la musique. Et comme les tenants de l’effet Flynn néga­tif ne remettent pas en ques­tion un effet Flynn avant cette période, notre civi­li­sa­tion doit être plus « intel­li­gente » que celles de Bach et Mozart, non ?

Bref, le génie n’a pas grand chose à voir là dedans mais il faut l’évoquer. Peut-être pour sug­gé­rer que Deme­neix en est un, de génie ?

Puis, comme pour faire une oppo­si­tion au génie, peut être défi­ni­ti­ve­ment per­du, des célèbres com­po­si­teurs de musique clas­sique, la voix off évoque main­te­nant l’augmentation de la détec­tion des troubles psy­cho­lo­giques tels que les défi­cits d’attention, l’hyper acti­vi­té ou encore d’autisme. L’augmentation du diag­nos­tic d’autisme chez les enfants de Cali­for­nie serait de 600% entre 1990 et 2001 et 168 des enfants amé­ri­cains serait diag­nos­ti­qué comme tel. Ques­tions de la voix off :

« qu’est ce qu’il se passe ? Se pour­rait-il qu’il y ait un lien avec la baisse du QI ? »

Rien dans le docu­men­taire ne pour­ra répondre à la deuxième ques­tion. Elle n’est donc pas posée pour intro­duire une réponse mais pour faire le lien que la recherche scien­ti­fique ne fait pas (pas encore en tout cas).

Déréglage de la thyroïde

Pour la pre­mière ques­tion, B. Deme­neix pense immé­dia­te­ment à la thy­roïde en voyant ces don­nées en évo­quant, enfin le cré­ti­nisme, cette « mala­die congé­ni­tale grave», mélant petite taille, retard men­tal et goître au niveau de la thy­roïde.

Et c’est toute cette par­tie du docu­men­taire qui est inté­res­sante. On nous explique que le cré­ti­nisme est lié à un mau­vais fonc­tion­ne­ment de la thy­roïde dû à une carence d’iode. Ce lien a été éta­bli, chez l’adulte mais aus­si chez le bébé dont la mère a été caren­cée en iode pen­dant sa gros­sesse, par un méde­cin mili­taire amé­ri­cain en 1966, Peter Pha­roah, qui a obser­vé la mala­die en Papoua­sie nou­velle Guy­née.

Et Bar­ba­ra Deme­neix est beau­coup plus per­ti­nente pour nous par­ler de ce sujet : elle est endo­cri­no­logue au Muséum d’Histoire Natu­relle de Paris et tra­vaille par­ti­cu­liè­re­ment sur la thy­roïde. Enfin, on parle du vrai sujet du docu­men­taire et sérieu­se­ment : « sans hor­mone thy­roï­dienne notre cer­veau ne se déve­loppe pas cor­rec­te­ment», nous explique-t-elle. L’iode que l’on absorbe en man­geant du sel (iodé) ou du pois­son per­met, un bon fonc­tion­ne­ment de la thy­roïde et au cer­veau du bébé de se déve­lop­per de façon nor­male dans le ventre de la mère.

Le docu­men­taire nous balade donc d’exemple en exemple sur les consé­quences des carences en iode puis nous explique que des pro­duits indus­triels contiennent (ou conte­naient car cer­tains, comme le PCB, ont déjà été inter­dits) des per­tur­ba­teurs endo­cri­niens (bro­mure, chlore ou fluor) que notre corps confond avec les hor­mones thy­roï­diennes. En Cali­for­nie, par exemple, les cher­cheurs inter­viewés dans le docu­men­taire affirment qu’il y a un lien entre l’exposition mas­sive de pes­ti­cides agri­coles et cer­taines troubles psy­chia­triques. De même à New York, cer­tains insec­ti­cides auraient des consé­quences néfastes. Mais le docu­men­taire lui même nous explique que les États-Unis ont inter­dit ces insec­ti­cides.

Alors, oui, notre socié­té uti­lise sans doute des pro­duits qu’elle ne maî­trise pas et il faut donc réflé­chir à leur place et à leur uti­li­sa­tion. Mais est-ce pour autant sain de jouer exa­gé­ré­ment avec nos peurs ?

Conclusion effrayante

C’est en tout cas la ligne de ce docu­men­taire jusque dans sa conclu­sion. La voix off uti­lise des expres­sions toutes faites qui ne veulent rien dire.

Par exemple, « nous bai­gnons dans une véri­table soupe chi­mique ». Alors cette phrase est vraie, puisque même notre corps, nos ali­ments, nos tables sont  com­po­sés de « molé­cules chi­miques » (autre expres­sion uti­li­sée dans le docu­men­taire); une molé­cule étant une struc­ture de base de la matière. Mais notre corps n’est pas, à pro­pre­ment par­ler un dan­ger direct pour lui-même (sauf si on est sui­ci­daire, peut être). Et d’autres asser­tions du même genre, jamais appuyées sur des connais­sances scien­ti­fiques sont ali­gnées pen­dant les quinze der­nières minutes.

Mais l’une d’elle fait encore plus le lien avec l’introduction. Bar­ba­ra Deme­neix sou­tient que l’industrie peut évo­luer et inven­ter des molé­cules non toxiques, « sinon, nous allons pro­ba­ble­ment assis­ter à la dis­pa­ri­tion de la struc­ture la plus sophis­ti­quée que l’évolution a jamais créé, le cer­veau humain. »

Des bio­lo­gistes, évo­lu­tion­nistes, phi­lo­sophes des sciences auraient beau­coup de choses à dire sur cette simple phrase. Je ne sais pas com­ment Bar­ba­ra Deme­neix décide que le cer­veau humain est la struc­ture la plus sophis­ti­quée que l’évolution a jamais créé. Mais elle l’assène de façon tel­le­ment forte qu’elle est convain­cante. Ou pas.

Alors, certes Bar­ba­ra Deme­neix et ses col­lègues portent, avec les per­tur­ba­teurs endo­cri­niens pou­vant entraî­ner un mau­vais déve­lop­pe­ment du cer­veau, un sujet impor­tant mais est-ce une rai­son pour les accom­pa­gner dans cette croi­sade de l’angoisse d’une civi­li­sa­tion cré­tine ? J’en doute très for­te­ment. Et ça me rap­pelle étran­ge­ment un autre docu­men­taire dif­fi­cile à digé­rer, lui aus­si dif­fu­sé à l’époque sur Arte, Notre poi­son quo­ti­dien, que j’avais chro­ni­qué pour OWNI.

One more thing comme dirait l’autre

Edit 21:00 :

À vou­loir finir un peu trop rapi­de­ment, j’ai oublié une chose un peu impor­tante dans tout ça. Il faut poser la ques­tion aux auteurs du docu­men­taire et à Bar­ba­ra Deme­neix :

« com­ment font-ils le lien entre une baisse poten­tielle du QI géné­ral en Fin­lande, pays très peu agri­cole (et encore moins spé­cia­li­sé dans l’agriculture inten­sive) et très peu urbain et les troubles psy­cho­lo­giques des enfants de Flo­ride, qui sont, eux très expo­sés aux pes­ti­cides ou de NewYork qui vivent dans un milieu très urbain ? »

Si l’exemple de la baisse du QI est la Fin­lande, celle-ci ne peut s’expliquer par l’agriculture inten­sive et les insec­ti­cides urbains. Alors, au lieu de sau­ter sur l’occasion d’une étude mal fice­lée sur le QI, les auteurs auraient dû mieux expo­ser les risques des per­tur­ba­teurs endo­cri­niens.

Épilogue de ce billet :

 

25 commentaires à propos de “Tous pris pour des crétins devant Arte

  • 12 novembre 2017 at 9 h 48 min
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    Les tests qui mesurent le QI sont sta­tis­tiques. Ils sont réa­li­sés à par­tir d’un échan­tillon de la popu­la­tion, et rééva­lués régu­liè­re­ment. Par exemple, le WISC V pour les enfants vient de sor­tir.
    La répar­ti­tion du QI sera tou­jours une gaus­sienne, avec comme moyenne 100. Il ne « peut » pas bais­ser.
    Dans le docu­men­taire, on parle de tests à l’armée. Le cal­cul men­tal dont on se ser­vait « dans la vie de tous les jours » il y a une tren­taine d’année (par exemple pour véri­fier que la bou­lan­gère ren­dait la bonne somme) n’est plus indis­pen­sable. Si les tests de l’armée sont basés sur cela, une baisse des notes ne signi­fie pas une baisse du QI.

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    • 12 novembre 2017 at 9 h 54 min
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      Mer­ci pour ce com­men­taire. En effet, vous avez tout à fait rai­son. C’est d’ailleurs ce que j’explique ici. J’ai vou­lu sépa­rer les deux billets pour plus de lisi­bi­li­té.

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  • 12 novembre 2017 at 22 h 16 min
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    Je suis assez d’accord avec l’ensemble de votre article, j’aimerais juste ajou­ter qu’associer l’autisme (et les troubles men­taux en géné­ral) à la baisse du QI dans un docu­men­taire qui parle de « cré­ti­ni­sa­tion » de l’humanité est, au « mieux », un signe d’ignorance, au pire un manque de res­pect envers ces per­sonnes qui sont loin d’être toutes atteintes de retard men­tal.

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    • 12 novembre 2017 at 22 h 23 min
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      Mer­ci pour ce com­men­taire. Je suis d’accord avec vous.

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  • 13 novembre 2017 at 0 h 11 min
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    A pro­pos d’autisme en Cali­for­nie, cer­tains parlent de « Geek syn­drome », en alliant fac­teurs envi­ron­ne­men­taux et géné­tiques au sein des familles.
    Une hypo­thèse serait que les pre­miers « geeks » à fon­der des entre­prises dans la Sili­con Val­ley avaient peut-être des troubles autis­tiques. Tra­vailler der­rière un écran d’ordinateur avec peu de contact humain est l’environnement rêvé pour les per­sonnes atteintes du syn­drome d’asperger. A par­tir du moment où ces per­sonnes sans doute soli­taires, sont deve­nues très riches, elles ont fon­dé des familles. Les enfants ont pu héri­ter de troubles autis­tiques d’une part, mais sur­tout gran­dir avec des parents pas­sant leur vie der­rière un écran… (cf « Asper­ger et fière de l’être » d’Alexandra Ray­naud)

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    • 13 novembre 2017 at 9 h 36 min
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      Si on n’en est qu’au stade des hypo­thèses, comme je le dis dans ce billet, il faut faire très atten­tion. D’autre part, je me méfie des gens qui posent des diag­nos­tics sur des per­sonnes qu’ils n’ont jamais ren­con­trées en consul­ta­tion.

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  • 13 novembre 2017 at 15 h 43 min
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    Bra­vo pour cet article qui démonte bien les pré­cé­dés média­tiques employés par Arte et B. Deme­neix.

    Quelques réfé­rences sup­plé­men­taires sur le lourd pas­sif de B. Deme­neix en matière de mani­pu­la­tion des don­nées sur le QI :
    http://www.forumphyto.fr/2015/09/25/pesticides-qi-euros-les-calculs-acrobatiques-du-cnrs/ (B. Deme­neix est un des auteurs de l’étude citée dans cet article)
    Sur ses conflits d’intérêt : http://www.forumphyto.fr/2016/12/12/perturbateurs-endocriniens-un-marchand-de-doutes-pris-sur-le-fait/
    Sur les liens allé­gués entre autisme et insec­ti­cides orga­no-pho­pho­rés :
    http://www.forumphyto.fr/2016/02/12/insecticides-et-autisme-le-tri-tres-selectif-de-clash-investigation/

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    • 13 novembre 2017 at 21 h 46 min
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      Oui. Et je ne remets pas du tout en cause ce lien dans mon billet.

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  • 14 novembre 2017 at 0 h 09 min
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    Petite remarque : ce n’est pas parce que les PCBs ont été inter­dits qu’ils n’existent plus. Ils sont tou­jours pré­sents dans l’environnement en 2017 et sont tou­jours aus­si nocifs.

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  • 14 novembre 2017 at 0 h 37 min
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    S.J Gould avait très bien décrit les écueils et les biais der­rière l’institutionnalisation des tests de QI dans : « La mal mesure de l’Homme ». Sans grand mys­tère les erreurs d’hier sont .….….….….….…. celles d’aujourd’hui.
    Cet ouvrage est un must have.

    En bonus vous aurez le droit à un essai his­to­rique qui dénonce les erreurs dans les mesures cra­nio­mé­triques pour vali­der / ins­ti­tu­tion­na­li­ser le racisme à l’époque colo­niale (Mais Gould a lui même râté une de ses contre ana­lyses, assez caus­tique, sans que ça ne retire rien à sa défense).
    En bonus vous aurez aus­si le droit à un essai contre « The cur­ved bell » … sans erreur.
    .

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    • 14 novembre 2017 at 8 h 27 min
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      Gould est une très bonne réfé­rence, effec­ti­ve­ment. Je mets « the cur­ved bell » dans ma liste des livres à lire ;)

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    • 14 novembre 2017 at 9 h 28 min
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      ;)

      Après, je me méfie des gens qui font des diag­nos­tics sur des per­sonnes qu’ils n’ont même pas ren­con­trés ;)

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  • 14 novembre 2017 at 16 h 26 min
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    Gros accueil dans le « for­mi­dable contre argu­ment » Fin­lan­dais, qui mécon­nait tout sim­ple­ment la situa­tion de nos amis nor­diques spé­cia­listes des pes­ti­cides en forêt et de la tomate sous serre (et dont les eaux bal­tiques sont satu­rées de pes­ti­cides) :

    http://www.ymparisto.fi/en-US/Maps_and_statistics/The_state_of_the_environment_indicators/Chemicals_and_hazardous_substances/Sales_of_pesticides_slowly_decreasing(28505)

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    • 14 novembre 2017 at 16 h 33 min
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      Vous avez une com­pa­rai­son avec la Cali­for­nie ?

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  • 15 novembre 2017 at 12 h 49 min
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    Manon Td
    Manon Td Je trans­met ici la réponse d’un ami ( qui n’a pas fb ) à cet article. Il a trou­vé le repor­tage inté­res­sant :
    « Quelle est l’obssession de ce Mar­tin Cla­vey, jour­na­liste pigiste s’occupant de sujets scien­ti­fiques, qui semble être votre réfé­rence en matière de cri­tique et de rigueur scien­ti­fique ? Trou­ver la faille par où il pour­ra s’engouffrer et jus­ti­fier ain­si son sta­tut et son reve­nu. Et bien sûr il en trouve dans ce docu­men­taire, car de toutes façons il fal­lait qu’il en trouve. Et où trouve-t-il par exemple cer­tains de ses argu­ments ? Chez un ingé­nieur agro­nome, Phi­lippe Stoop, qui recon­nait lui-même tra­vailler pour l’agrochimie.
    Je suis tout dis­po­sé à croire que le docu­men­taire en ques­tion n’est pas exempt de reproches et que la rigueur scien­ti­fique n’est pas tou­jours au ren­dez-vous mais est-ce le sujet ? Un docu­men­taire pas­sant sur une chaîne de télé­vi­sion, fût-elle Arte, s’adresse à un large public, il ne peut pas entrer dans tous les détails de l’argumentation, il doit néces­sai­re­ment sim­pli­fier et faire appa­raître la figure cen­trale de son sujet. Or celle-ci me semble appa­raître assez net­te­ment, suf­fi­sem­ment en tous cas pour atteindre son but : inci­ter l’opinion publique à appuyer les scien­ti­fiques et les poli­tiques pour lut­ter contre les lob­byes de l’industrie chi­mique et les ravages qu’elle génère. Peut-on dou­ter de ces ravages ? ça me paraît de plus en plus dif­fi­cile, et il m’a suf­fi de dis­cu­ter avec mes voi­sins pay­sans, durant de longues années à la cam­pagne, pour m’en convaincre. De même qu’il me suf­fit de dis­cu­ter avec des pro­fes­seurs et des ins­ti­tu­teurs comme je l’ai fait bien sou­vent et le fais encore, pour qu’ils me confirment à quel point les capa­ci­tés d’attention baissent, ain­si que les capa­ci­tés d’abstraction. Un phi­lo­sophe que j’estime beau­coup, pro­fes­seur aux Etas Unis et à l’université de Stras­bourg, dont l’oeuvre est tra­duite par­tout, Jean-Luc Nan­cy, décla­rait récem­ment que pour la pre­mière fois en trente cinq ans de car­rière, les étu­diants se plai­gnaient que ses cours soient trop dif­fi­ciles !
    Alors certes, je sais depuis long­temps quoi pen­ser de ce que valent les tests de QI, je me doute bien qu’il y a dans ces don­nées des élé­ments cri­ti­cables, peu rigou­reux, mais dans l’ensemble, je dis bien dans l’ensemble, ce docu­men­taire me paraît faire oeuvre très utile, même s’il force un peu le trait ou ne le des­sine pas tou­jours avec la rec­ti­tude intel­lec­tuelle qu’on sou­hai­te­rait.
    Il semble aujourd’hui que cette rec­ti­tude ne se trouve plus qu’ici et là, dans l’océan du net, à tra­vers articles et contre articles et qu’on choi­sisse pour la trou­ver – on se demande bien de quelle manière et au nom de quel cri­tère- celui-ci plu­tôt que celui-la. Oui, au nom de quel cri­tère puisque tous peuvent y aller de leur chan­son, selon leur humeur et leur désir d’exister à tous prix et qu’il n’est pas dif­fi­cile de fer­railler ain­si dans ce théâtre d’ombres. D’autant que, depuis les Grecs, on sait trop bien qu’un argu­ment ren­con­tre­ra tou­jours son contre argu­ment, le régime de la véri­té s’accomodant fort bien de ces joutes puisqu’il est dans sa nature d’échapper à une prise unique. Autre­ment dit pré­tendre à la véri­té scien­ti­fique ou à son objec­ti­vi­té pure est une chi­mère que la forêt du Web fait appa­raître à l’un ou à l’autre selon qua­si­ment son bon plai­sir.
    Quant à moi, lorsque je tiens fer­me­ment à l’obtenir, cette rec­ti­tude, je vais lire des ouvrages de fond, écrit par des scien­ti­fiques dont l’oeuvre témoigne pour eux, sachant que même de cette manière je n’en obtien­drai qu’un infime frag­ment. Pour le reste, je me contente volon­tiers de pro­duc­tions que me semblent utiles et ver­tueuses. C’était le cas avec ce docu­men­taire.  »

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    • 15 novembre 2017 at 19 h 58 min
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      « De même qu’il me suf­fit de dis­cu­ter avec des pro­fes­seurs et des ins­ti­tu­teurs comme je l’ai fait bien sou­vent et le fais encore, pour qu’ils me confirment à quel point les capa­ci­tés d’attention baissent, ain­si que les capa­ci­tés d’abstraction. » Waouh!!!
      Quand je lis ce com­men­taire, je com­prends que ce docu­men­taire est un acte mili­tant, des­ti­né à pré­ve­nir des dan­ger des pro­duits chi­miques dans l’environnement, et qu’à ce titre, il n’a pas à répondre aux cri­tères habi­tuels de la rigueur scien­ti­fique et peut uti­li­ser des pro­cé­dés de dés­in­for­ma­tion. C’est un point de vue, mais est-ce que ça ne risque pas de nous rendre un peu cré­tins… (au pas­sage, pour­quoi ne pas prendre en compte dans la baisse du QI les effets de la pau­vre­té, du tabac ou de l’alcool sur le déve­lop­pe­ment).

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  • 16 novembre 2017 at 22 h 21 min
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    Oui, le lien entre les génies de la musique et le QI m’a fait gri­ma­cer moi aus­si, en effet…
    En revanche, ce n’est pas très hon­nête de dire que seule « une » cher­cheuse a été trou­vée pour en par­ler, Deme­neix. Il y aus­si Tho­mas Zoel­ler, Bren­da Eske­na­zi, Arlene Bloom…
    Et d’ailleurs Arlene Bloom montre que meme si cer­tains pro­duits ont été inter­dit, ils sont tou­jours pré­sents dans notre entou­rage (l’interdiction ne s’est pas accom­pa­gnée de des­truc­tion de tout ce qui avait été ven­du avant bien sur). Les pous­sières sont pas­sés dans la chaine ali­men­taire, quelle que soit la loi qui arrive trop tard. Et d’autres pro­duits, comme les retar­da­teurs de flamme, sont tou­jours uti­li­sés, meme s’ils avaient été inter­dit dans les pyja­ma.
    Enfin, il est bien expli­qué que pour New York, ce ne sont pas les pes­ti­cides agri­coles qui sont en cause, mais cer­tains spray et autres pro­duits qui contiennent des formes simi­laires aux hor­mones de la thy­roïde (retar­da­teurs de flammes…). Pol­lu­tion de l’ai inté­rieur est aus­si une réa­li­té dans les zones urbaines.
    En bref, meme s’il y a du sen­sa­tion­na­lisme, dans le fond il y a beau­coup de mes­sages essen­tiels, encore trop mécon­nus du grand public !

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    • 16 novembre 2017 at 22 h 32 min
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      Quand je dis qu’ils ne trouvent qu’elle pour faire le lien, si c’est de ce pas­sage là dont vous par­lez, c’est dans la démarche nar­ra­tive :
      – pas­sage sur la baisse du QI
      – pas­sage sur les génies
      – pas­sage de Deme­neix jouant du vio­lon et fai­sant le lien.

      Alors, oui, j’ai rapi­de­ment dit qu’il y avait d’autres cher­cheurs inter­viewés : « En Cali­for­nie, par exemple, les cher­cheurs inter­viewés dans le docu­men­taire ». Mais glo­ba­le­ment, le fil conduc­teur du docu­men­taire, c’est bien Dome­neix, je pense.

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  • 17 novembre 2017 at 10 h 39 min
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    Cet article inqui­si­teur ne donne pas une bonne image de ce qu’est cen­sé être un esprit scien­ti­fique : bien loin de s’arrêter à de vains détails comme les effets rhé­to­riques de ce docu­men­taire grand public, le scien­ti­fique est curieux et donc avant tout atten­tif à ce qui consti­tue des faits signi­fi­ca­tifs qu’il s’attachera à mettre en valeur plu­tôt que de les ense­ve­lir sous une ava­lanche de cri­tiques assez spé­cieuses.

    L’augmentation des troubles de l’autisme depuis deux ou trois décen­nies est un fait recon­nu par les scien­ti­fiques, d’un point de vue de san­té publique son ampleur est dra­ma­tique et nous avons au moins une cer­ti­tude : seuls des fac­teurs envi­ron­ne­men­taux peuvent être en cause. Dès lors, plu­tôt que de déve­lop­per une sophis­tique gra­tuite pour déni­grer l’expression « soupe chi­mique », un esprit éclai­ré salue­rait les inves­ti­ga­tions menées ici et là pour mettre en évi­dence l’impact des innom­brables pol­luants que les lob­bies de la chi­mie et de la phar­ma­co­chi­mie nous imposent en toute connais­sance de cause depuis des lustres.

    Bref, comme le sug­gère l’excellent comm­men­taire de Manon Taillard ci-des­sus, on pour­rait se deman­der si Mar­tin Cla­vey n’avait pas sur­tout besoin d’écrire un papier ? Mais, dans ce cas, pour­quoi cette pos­ture de che­va­lier blanc faus­se­ment défen­seur de la rai­son et mani­fes­te­ment défen­seur des lob­bies ?

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    • 17 novembre 2017 at 16 h 42 min
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      Je ne suis pas quelqu’un aillant beau­coup de connais­sances concer­nant les sciences, je me per­met néan­moins de sou­li­gner quelque chose :

      Vous vous ren­dez compte que vous par­lez de l’augmentation des troubles de l’autisme depuis deux ou trois décen­nies ! L’autisme est une « mala­die » ( je ne crois pas que ce soit le bon terme, et je m’en excuse) qui n’a été réel­le­ment étu­diée que depuis très peu, cer­tains Aspects de l’autisme sont même encore très mal connus même dans les milieux scien­ti­fique et de la psy­cho­lo­gie. Je pense même que c’est un sujet sur lequel il nous reste encore beau­coup à étu­dier. Alors si c’est un sujet qui n’est pas encore tota­le­ment connu dans les milieux scien­ti­fiques ( D’ailleurs on ne connait pas vrai­ment les causes de l’autisme par exemple, et il ne semble pas qu’une étude sérieuse liant autisme et per­tur­ba­teur endo­cri­nien existe) ima­gi­nez en dehors de la com­mu­nau­té scien­ti­fique. Vous croyez qu’il y a deux cents ou trois cents ans les gens par­laient d’autismes ? Vous croyez que lorsqu’ils avaient des enfants autistes ils pou­vaient dire « ah oui en effet c’est de l’autisme ! » Bien sûr que non, ils disaient juste « C’est un enfant bizarre » ou « C’est un enfant malade » et ça n’allait sou­vent pas beau­coup plus loin que cela, à part peut-être dans les famille riches, et encore. Com­ment vou­lez vous que dans ces condi­tions là des sta­tis­tique eussent elles put être recueillies ? C’est bien nor­mal que le nombre de per­sonnes autistes aient été mul­ti­plié par six, parce que main­te­nant on peut diag­nos­ti­quer l’autisme, et lais­sez moi vous dire que je pense qu’encore beau­coup de per­sonnes autistes et notam­ment atteintes du syn­drome d’Asperger ne jamais diag­nos­ti­qués ( Encore fau­drait-il qu’il y est consen­sus quand à la défi­ni­tion de l’autisme dans la com­mu­nau­té scien­ti­fique ) En clair je ne crois pas que l’on puisse se baser sur des sta­tis­tiques concer­nant l’autisme sur « deux ou trois décen­nies » en fait je pense qu’il y avait autant de per­sonnes autistes avant, seule­ment (et sur­tout hors de la com­mu­nau­té scien­ti­fique ) per­sonne ne savait vrai­ment ce que c’était. La plu­part des cas étu­diés alors étaient pro­ba­ble­ment les cas les plus sévères, et une majeur par­tie des cas en géné­ral n’étaient sûre­ment pas vrai­ment repor­tés. Je ne crois donc pas qu’il faille s’alarmer par­ti­cu­liè­re­ment de l« aug­men­ta­tion » de l’autisme.

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  • 18 novembre 2017 at 12 h 45 min
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    @ Johann
    Je ne com­prends pas très bien.
    Vous dites ne pas avoir de connais­sances scien­ti­fiques mais vous pen­ser pou­voir nier la réa­li­té de l’augmentation de la pré­va­lence de l’autisme ?
    Qu’est-ce qui vous étonne dans le fait qu’elle puisse avoir aug­men­té depuis deux ou trois décen­nies ?
    Si vous vou­lez vous assu­rer de la réa­li­té de la chose, cad, de son carac­tère scien­ti­fique et non pas seule­ment jour­na­lis­tique, je vous pro­pose d’aller sur Google scho­lar avec les mots clés sui­vants : « autisme pré­va­lence aug­men­ta­tion ». Vous trou­ve­rez maints articles scien­ti­fiques qui vous assu­re­ront que cette aug­men­ta­tion n’est pas un épi­phé­no­mène et qu’elle est prise au sérieux par les scien­ti­fiques.
    Dans le docu­men­taire d’Arte votre hypo­thèse d’une aug­men­ta­tion liée à l’amélioration des capa­ci­tés de diag­nos­tic a été évo­quée. On pense qu’elle explique un tiers de l’augmentation. Ce qui est déjà pas mal. Mais les deux tiers res­tent inex­pli­qués.
    Comme il s’agit d’une aug­men­ta­tion rapide, elle ne peut avoir une ori­gine géné­tique ; elle est donc néces­sai­re­ment envi­ron­ne­men­tale. Et là, vu la « soupe chi­mique » dans laquelle baignent nos cel­lules (vu comme notre « milieu inté­rieur » est conta­mi­né), les direc­tions à explo­rer ne manquent pas.
    Quoi qu’il en soit, si on pro­longe la courbe de pré­va­lence et qu’on lui conserve la pente actuelle, il n’est pas exclu qu’à plus ou moins brève échéance, tous les enfants soient concer­nés par ces troubles.
    Le titre du docu­men­taire n’est donc pas une pure pro­vo­ca­tion. Il pointe une hypo­thèse qui n’a rien d’assuré, mais qu’on ne peut, non plus, com­plè­te­ment exclure.

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    • 18 novembre 2017 at 13 h 14 min
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      Bon­jour,

      Mon blog n’est pas un forum. Si vous avez des obser­va­tions sur l’article, ne vous gênez pas. Si la dis­cus­sion dérive, je me laisse la pos­si­bi­li­té de ne pas publier les com­men­taires. Vous pou­vez conti­nuer la dis­cus­sion sur Ago­ra­vox par exemple ;)

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    • 20 novembre 2017 at 13 h 13 min
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      Je me sou­viens d’avoir lu un livre de Bru­no Bet­tel­heim (la for­te­resse inter­dite) il y a une qua­ran­taine d’annees dans lequel il expli­quait, savam­ment et de manière très convain­cante, que la cause de l’autisme chez les enfants était direc­te­ment liée à la mère. On en est reve­nu et on a ces­sé de culpa­bi­li­ser les mères.

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