Difficiles négociations entre la recherche française et Springer

Dans un email adres­sé aux agents du CNRS, la Direc­tion de l’Information des sciences et tech­niques (DIST) du centre évoque les dif­fi­ciles négo­cia­tions du Consor­tium Cou­pe­rin (Consor­tium uni­fié des éta­blis­se­ments uni­ver­si­taires et de recherche pour l’accès aux publi­ca­tions numé­riques) avec l’éditeur Sprin­ger.

Selon la DIST, l’éditeur demande une aug­men­ta­tion d’au moins 1,5 % par an sur 3 ans du prix des abon­ne­ments. La direc­tion pousse à « accep­ter le risque de cou­pure des accès en jan­vier ». Ce risque, c’est concrè­te­ment qu’une très grosse par­tie des cher­cheurs fran­çais n’ait plus accès aux revues scien­ti­fiques d’1 des plus gros édi­teurs.

Les cher­cheurs fran­çais devront uti­li­ser d’autres solu­tions, pour y accé­der. Par exemple, soit l’un des auteurs a publié l’article sur son site ou sur un site d’archives de type ArXiv, soit de cher­cher sur la pla­te­forme sci-hub, soit de deman­der l’article à leurs col­lègues via le hash­tag #ican­hazpdf.

On le voit ici, ces dif­fé­rentes solu­tions d’accès paral­lèle per­mettent, entre autres, aux clients des édi­teurs d’avoir une pos­si­bi­li­té de pres­sion un peu plus impor­tante sur les gros édi­teurs, qui étaient jusqu’alors très domi­nants dans ce genre de négo­cia­tions.

 

Màj 9 décembre :

Selon un rap­port de la DIST du CNRS, les marges opé­ra­tion­nelles des cinq plus gros groupes d’édition scien­ti­fique attei­gnaient pour­tant déjà plus de 32% de leur chiffre d’affaire sur le sec­teur en 2014. Et Sprin­ger, qui a récem­ment fusion­né avec le groupe Macmillan/Nature, obte­nait même cette année là un taux de marge opé­ra­tion­nelle sur ses acti­vi­tés d’édition scien­ti­fique de 39%.

Selon un point d’actualité du Réseau natio­nal des biblio­thèques de Mathé­ma­tiques sur le sujet, « pour les négo­cia­teurs et négo­cia­trices de Couperin.org, toutes les pro­po­si­tions de Sprin­ger sont jugées inac­cep­tables ». Le réseau rap­pelle aus­si que cette situa­tion ne touche pas que la France, évo­quant les cas du Dane­mark et de l’Université de Mont­réal.

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