Recherche française et Springer : pas d’accord avant fin 2017

Dans un email envoyé à ses membres le 8 décembre der­nier, le Consor­tium Cou­pe­rin  (Consor­tium uni­fié des éta­blis­se­ments uni­ver­si­taires et de recherche pour l’accès aux publi­ca­tions numé­riques), qui réunit la qua­si tota­li­té des ins­ti­tu­tions de recherche fran­çaises, a annon­cé qu’il n’y aurait pas d’accord avec l’éditeur de revues scien­ti­fiques Sprin­ger avant la fin de l’année.

« Lors d’une nou­velle ren­contre avec les repré­sen­tants de Sprin­ger la semaine der­nière, la res­pon­sable Europe était cette fois pré­sente et semble prendre nos demandes aux sérieux. Une nou­velle pro­po­si­tion devrait nous être faite en jan­vier. Quoi qu’il en soit, il est désor­mais clair qu’aucun accord n’interviendra d’ici la fin de l’année.»

On savait déjà que les négo­cia­tions entre le consor­tium des éta­blis­se­ments de recherche fran­çais et Sprin­ger étaient ten­dues mais cet email montre que les éta­blis­se­ments fran­çais ne relâchent pas la pres­sion sur l’éditeur scien­ti­fique inter­na­tio­nal le plus glou­ton.

Pour se pro­té­ger juri­di­que­ment et ren­for­cer leur posi­tion dans les négo­cia­tions, le consor­tium conseille même aux éta­blis­se­ments membres de deman­der offi­ciel­le­ment la cou­pure des accès. Théo­ri­que­ment, les cher­cheurs fran­çais risquent de ne plus pou­voir avoir accès à toutes les édi­tions 2018 des revues du groupe Sprin­ger. Mais Cou­pe­rin pré­cise, dans ce même email que « Sprin­ger annonce que les accès seront main­te­nus tant que la négo­cia­tion n’est pas ache­vée, mais cela doit res­ter de sa propre ini­tia­tive ».

La BIU San­té de Paris a déjà infor­mé ses uti­li­sa­teurs que son abon­ne­ment pour les revues Sprin­ger serait inter­rom­pu à la fin de l’année et « ne repren­dra que lorsqu’un accord natio­nal sera trou­vé ».

Le consor­tium devrait rece­voir au mois de jan­vier une nou­velle pro­po­si­tion de la part de l’éditeur. Le bras de fer entre les gros édi­teurs scien­ti­fiques, jusque là en posi­tion domi­nante, et les ins­ti­tu­tions de recherche se rééqui­libre. Vu la ten­sion des négo­cia­tions, il n’est pas encore sûr que les deux par­ties s’entendent sur un prix rai­son­nable des abon­ne­ments aux revues du groupe Sprin­ger.

Alors que les états serrent de plus en plus le bud­get de la recherche publique, la remise en ques­tion du modèle éco­no­mique des grands groupes d’édition scien­ti­fique par leurs prin­ci­paux clients, les ins­ti­tu­tions de recherche, pose la ques­tion d’un prix d’abonnement aux revues scien­ti­fiques « rai­son­nable » pour qui et pour quelle offre de pres­ta­tion ?


Pho­to d’illustration Sprin­ger, by Dan Cro­weak, licence Crea­tive Com­mons by-nc-nd

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