France vs Springer : les chercheurs gagnent un accès temporairement gratuit après avoir refusé de payer

(Titre en « hom­mage » à l’article de Nature sur les mêmes pro­blèmes que ren­contre le groupe d’édition scien­ti­fique concur­rent Else­vier en Alle­magne, Nature appar­te­nant au groupe Sprin­ger Nature dont nous allons par­ler ici.)

Depuis le début de l’année, les cher­cheurs fran­çais d’une bonne par­tie des ins­ti­tu­tions de recherche fran­çaises ont accès gra­tui­te­ment et léga­le­ment aux revues scien­ti­fiques du groupe Sprin­ger.

En fin d’année der­nière, je vous expli­quais ici même que Sprin­ger et le consor­tium d’institutions de recherche fran­çaises Cou­pe­rin n’étaient pas par­ve­nus à un accord sur le renou­vel­le­ment des abon­ne­ments aux revues scien­ti­fiques de l’éditeur scien­ti­fique. Le consor­tium Cou­pe­rin conseillait à ses membres (plus de 250 membres dont le CNRS et la plu­part des uni­ver­si­tés et ins­ti­tu­tions de recherche fran­çaises) d’envoyer un cour­rier à Sprin­ger pour deman­der expli­ci­te­ment de ne plus être abon­né aux revues de l’éditeur.

Sprin­ger a déci­dé de main­te­nir les accès des cher­cheurs fran­çais à ses revues et s’en explique dans  un mail au consor­tium dans lequel le groupe d’édition explique  « qu’en aucun cas Sprin­ger­Na­ture fac­tu­re­ra les éta­blis­se­ment pour le main­tien des accès en début d’année. Nos licences actuelles ne com­prennent pas de clause de recon­duc­tion tacite. Il s’agit uni­que­ment d’une « période de grâce » pour la durée des négo­cia­tions. Il va de soi qu’une fac­tu­ra­tion ne pour­ra inter­ve­nir qu’après accord Cou­pe­rin et sur demande de réabon­ne­ment de l’institution. »

Une bonne par­tie des cher­cheurs fran­çais a donc actuel­le­ment accès gra­tui­te­ment aux revues scien­ti­fiques édi­tées par Sprin­ger. Évi­dem­ment, l’éditeur espère que cette situa­tion soit la plus courte pos­sible et explique à Cou­pe­rin qu’il est « confiant qu’un accord sera trou­vé en début d’année et souhait[e] uni­que­ment ne pas péna­li­ser les éta­blis­se­ments et les cher­cheurs pen­dant la durée des négo­cia­tions ».

Cette man­sué­tude de l’éditeur aurait-elle pour but d’éviter que les cher­cheurs fran­çais ne s’habituent à trou­ver gra­tui­te­ment en uti­li­sant plus lar­ge­ment les sites de pre­print comme arXiv ou la biblio­thèque scien­ti­fique clan­des­tine Sci-hub ?


Pho­to d’illustration : Rhea par Paul B, licence Crea­tive Com­mons by-nc

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