La baisse du recrutement de chargés de recherche au CNRS section par section

Les chercheurs voulant entrer au CNRS ont jusqu’à la fin de ce vendredi pour envoyer leur candidature. Selon le bilan social du CNRS, en 2015 (p72), il y avait 1 poste pour 25 candidats. J’ai voulu retracer l’historique des créations de postes de Chargé de recherche aux CNRS ces dernières années. Mais ça n’a pas été simple.

Un portail Opendata peu fourni

Sur le portail opendata de l’ESR français nulle trace de données concernant l’emploi au CNRS. En fait, il n’y a que deux jeux de données concernant le CNRS. La centralisation des données de l’ESR, ce n’est pas encore ça.

Un Opendata à reculons des données du CNRS

Allons donc sur le site du bilan social du CNRS. En 2009 et 2010, on pouvait avoir quelques jeux de données en format xls et csv, puis, jusqu’en 2013, on a des fichiers xls seulement. Mais pour les deux derniers bilans, 2014 et 2015, le CNRS ne diffuse les chiffres de ses bilans sociaux que dans des pdfs difficiles à traiter Màj : Les fichiers xls sont en fait accessibles via des liens dans les pdf de 2014 et 2015. C’est quand même moins simple d’y accéder et pas indexé par les moteurs de recherche. C’est marrant, on dirait que le mouvement de l’opendata est à reculons ici. Et dans tout ces fichiers, pas d’évolution à jour, section par section, du nombre de postes au concours.

J’ai donc été chercher les données dans les arrêtés d’ouverture des concours du CNRS de 2005 à 2016 sur Légifrance (par exemple, ici). J’ai traité les données avec un petit script Python pour en faire des fichiers json (postes-CR-CNRS-Classe1.json, postes-CR-CNRS-Classe2.json, postes-CR-CNRS.json).

 


Mise à jour du 10 janvier 2017 :

Nicolas Holzschuch m’a fait remarquer que les sections du CNRS changeaient régulièrement :

Effectivement, les sections du CNRS sont modifiées à chaque changement de mandat du Comité national de la Recherche Scientifique (CoNRS). En 2013, par exemple, la section 1 a été transformée en section 41, la section 3 en section 1, la 6 en 3 etc. On peut comprendre qu’il y ait besoin de modifier à la marge des noms des sections et d’en créer parfois de nouvelles mais la renumération intempestive est assez déconcertante et rend difficile le travail sur l’évolution de ces sections. J’ai donc fait un tableau de correspondances des sections avant 2013 et après :

2005 2013
1 41
3 1
6 3
7 6 et 7
20 30
21 20
22 21
23 22
24 24, 25 et 27
25 24
26 22
27 26
28 23
30 28

J’ai ensuite fait la transposition des données d’avant 2013 que j’ai collectées en prenant compte de ce tableau. Par exemple, dans mes données, le nombre de postes de la section 1 de 2006 est transposé dans la section 41 et ainsi de suite. Vous remarquerez qu’à certaines sections de 2005 correspondent plusieurs sections de 2013. J’ai décidé (en assumant le biais) de répartir de façon égale les postes dans les différentes sections.

Enfin, vous remarquerez peut être que le tableau ci-dessus ne prend pas en compte les commissions interdisciplinaires. Celles-ci évoluant beaucoup plus que les autres sections, je les ai tout simplement regroupées.

Les graphiques ci-dessous prennent en compte tout ce que je viens de vous expliquer.

Si vous remarquez encore des erreurs, n’hésitez pas à me le notifier dans les commentaires ou sur Twitter.


Évolution de la création des postes de CR aux CNRS

J’en ai tiré trois graphes interactifs : le total des postes (Chargés de recherche 1ère classe ET 2è classe), le nombre de poste de CR 2è classe et le nombre de poste de CR 1ère classe.


Voir en plein écran l’évolution de la création totale des postes de CR au CNRS


Voir en plein écran l’évolution de la création des postes de CR 2è classe au CNRS


Voir en plein écran l’évolution de la création des postes de CR 1ère classe au CNRS

Si vous remarquez des erreurs sur certains chiffres, n’hésitez pas à me le signaler. Les expressions régulières de mon script ne sont pas infaillibles.

Pour ceux qui, comme moi, ne connaissent pas les intitulés des sections CNRS par cœur, les voici :

  • Section 1 : « Interactions, particules, noyaux, du laboratoire au cosmos »
  • Section 2 : « Théories physiques : méthodes, modèles et applications »
  • Section 3 : « Matière condensée : structures et propriétés électroniques »
  • Section 4 : « Atomes et molécules, optique et lasers, plasmas chauds »
  • Section 5 : « Matière condensée : organisation et dynamique »
  • Section 6 : « Sciences de l’information : fondements de l’informatique, calculs, algorithmes, représentations, exploitations »
  • Section 7 : « Sciences de l’information : signaux, images, langues, automatique, robotique, interactions, systèmes intégrés matériel-logiciel »
  • Section 8 : « Micro- et nanotechnologies, micro- et nanosystèmes, photonique, électronique, électromagnétisme, énergie électrique »
  • Section 9 : « Mécanique des solides. Matériaux et structures. Biomécanique. Acoustique »
  • Section 10 : « Milieux fluides et réactifs : transports, transferts, procédés de transformation »
  • Section 11 : « Systèmes et matériaux supra et macromoléculaires : élaboration, propriétés, fonctions »
  • Section 12 : « Architectures moléculaires : synthèses, mécanismes et propriétés »
  • Section 13 : « Chimie physique, théorique et analytique »
  • Section 14 : « Chimie de coordination, catalyse, interfaces et procédés »
  • Section 15 : « Chimie des matériaux, nanomatériaux et procédés »
  • Section 16 : « Chimie et vivant »
  • Section 17 : « Système solaire et univers lointain »
  • Section 18 : « Terre et planètes telluriques : structure, histoire, modèles »
  • Section 19 : « Système terre : enveloppes superficielles »
  • Section 20 : « Biologie moléculaire et structurale, biochimie »
  • Section 21 : « Organisation, expression, évolution des génomes. Bioinformatique et biologie des systèmes »
  • Section 22 : « Biologie cellulaire, développement, évolution-développement »
  • Section 23 : « Biologie végétale intégrative »
  • Section 24 : « Physiologie, vieillissement, tumorigenèse »
  • Section 25 : « Neurobiologie moléculaire et cellulaire, neurophysiologie »
  • Section 26 : « Cerveau, cognition, comportement »
  • Section 27 : « Relations hôte-pathogène, immunologie, inflammation »
  • Section 28 : « Pharmacologie-ingénierie et technologies pour la santé-imagerie biomédicale »
  • Section 29 : « Biodiversité, évolution et adaptations biologiques : des macromolécules aux communautés »
  • Section 30 : « Surface continentale et interfaces »
  • Section 31 : « Hommes et milieux : évolution, interactions »
  • Section 32 : « Mondes anciens et médiévaux »
  • Section 33 : « Mondes modernes et contemporains »
  • Section 34 : « Sciences du langage »
  • Section 35 : « Sciences philosophiques et philologiques, sciences de l’art »
  • Section 36 : « Sociologie et sciences du droit »
  • Section 37 : « Economie et gestion »
  • Section 38 : « Anthropologie et étude comparative des sociétés contemporaines »
  • Section 39 : « Espaces, territoires et sociétés »
  • Section 40 : « Politique, Pouvoir, Organisation »
  • Section 41 : « Mathématiques et interactions des mathématiques »
  • Commission interdisciplinaire 42 : « Sciences de la communication »
  • Commission interdisciplinaire 43 : « Modélisation des systèmes biologiques, bioinformatique »
  • Commission interdisciplinaire 44 : « Cognition, langage,traitement de l’information, systèmes naturels et artificiels »
  • Commission interdisciplinaire 45 : « Dynamique des systèmes environnementaux,développement durable, santé et société »
  • Commission interdisciplinaire 46 : « Risques environnementaux et société »
  • Commission interdisciplinaire 47 : « astroparticules »
  • Commission interdisciplinaire 48 : « sciences de la communication »
  • Commission interdisciplinaire 51 : « Modélisation et analyse des données et des systèmes biologiques : approches informatiques, mathématiques et physiques »
  • Commission interdisciplinaire 52 : « Environnements sociétés : du fondamental à l’opérationnel »
  • Commission interdisciplinaire 53 : « Méthodes, pratiques et communications des sciences et des techniques »
  • Commission interdisciplinaire 54 : « Méthodes expérimentales, concepts et instrumentation en sciences de la matière et en ingénierie pour le vivant »

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